Festival Crest Jazz vocal #42 (2017)

Le festival Crest Jazz vocal, dans la vallée de la Drôme, est l’une de ces étapes que j’ai toujours plaisir à accomplir. Il s’agit d’un festival avec une belle envergure que je couvre chaque année depuis 2012. Il se propose d’accueillir, à l’espace Soubeyran de Crest, un public varié avec une programmation hétéroclite.

En cette année 2017, il n’a pas dérogé à la règle. Il nous a proposé une multitude d’affiches durant toute une semaine. C’était du samedi 29 juillet au samedi 5 août.

29 JUILLET

La première soirée était à destination d’un public jeune. Pas des enfants, mais plutôt des adolescents et de jeunes adultes puisque la tête d’affiche n’était ni plus ni moins que Le Peuple de l’Herbe, une formation énergique de hip hop électrique déjanté qui a su faire danser le trop peu de public venu assister aux concerts.

Mais avant eux, en première partie, donc, nous avons eu droit à un show de Shaolin Temple Defender : un ensemble de deep soul et new funk bordelais dont le chanteur nous a fait, vocalement parlant, penser au grand Monsieur James Brown. Ils nous ont offert un jeu musical côtoyant la perfection.

Le Peuple de l’Herbe a été suivi par un after animé par un spécialiste drômois du dub step : Barbès D.

30 JUILLET

Marie Mifsud et son quintet avaient, en 2016, remporté le prix du public lors du concours international qui a lieu chaque année dans le cadre du festival. La récompense était un contrat pour un concert lors de l’édition suivante. Traditionnellement, celui-ci est gratuit et se déroule le dimanche dans la salle des Moulinages. C’est donc une formation que j’avais déjà découverte douze mois auparavant que je retrouvais ce soir-là. Cela m’a permis de constater qu’elle avait fortement progressé sur le plan musical, sur le plan vocal et sur le plan esthétique. J’ai beaucoup apprécié ce tour de chant d’une artiste sincère et accompagnée comme il se doit par des musiciens talentueux.

31 JUILLET

C’est une autre artiste issue du concours 2016 qui a eu l’honneur d’ouvrir cette soirée consacrée au piano. La musicienne et chanteuse Tamara Mozes avait obtenu le prix Sacem derrière DOS d’un cheveu. Elle a donc été invitée en 2017 à se produire sur la scène du festival. Elle a fait son entrée a cappella avant de s’installer au piano et de nous jouer tout un set chargé en émotion.

C’est ensuite le talentueux pianiste Morgan Roussel qui nous a livré un hommage à l’artiste disparu mais internationalement reconnu, Michel Petrucciani. Ce fut un long et beau concert qui aurait, lui aussi, mérité un public plus nombreux.

1er AOÛT

Watchdog est un duo composé d’un clarinettiste, Pierre Horckmans, et d’une claviériste, Anne Quillier. Ils ont, à eux deux, emporté le public vers des découvertes musicales insoupçonnées. Leur musique se veut être le reflet sonore d’un monde ultra sécuritaire dans lequel l’homme perd peu à peu sa place.

C’est un trio habitué des lieux qui a pris la suite. Le Trio Reis-Demuth-Wiltgen qui avait déjà joué sur cette même scène des Moulinages an 2013. Le projet a fait du chemin depuis cette représentation déjà fort appréciée à l’époque. Ce triangle composé de Michel Reis au piano, Marc Demuth à la contrebasse et Paul Wiltgen à la batterie a su nous émerveiller.

2 AOÛT

Pour la cinquième soirée, consacrée à une grande dame : Ella Fitzgerald qui aurait eu cent ans cette année, l’organisation du festival avait vu grand puisque c’est le JAV Contreband, un orchestre issu du centre de formation musicale Jazz Action Valence, qui fut chargé d’ouvrir. Celui-ci, accompagné du cru 2017 des stagiaires, nous a offert un spectacle à couper le souffle, d’autant qu’une invitée de marque s’est ensuite jointe à eux : Anne Sila qui, pour ceux qui ne le sauraient pas encore, fut finaliste de The Voice, l’émission de télécrochet de TF1.

Puis ce fut au tour de la tête d’affiche de la soirée, Michele Hendricks, de monter sur la grande scène et d’assurer un show digne d’Ella. Elle a d’ailleurs sorti un album hommage : A Little Bit Of Ella (Now And Then). C’était un bien beau concert auquel nous avons assisté.

3 AOÛT

Le jeudi au festival Crest Jazz vocal est généralement réservé à la soirée Spedidam. Cette année, à quelques modifications mineures près, c’était exactement la même que celle de l’année dernière puisque celle-ci était malencontreusement tombée à l’eau (ou plutôt c’est l’eau qui lui était tombée dessus).

En ouverture, nous avons donc eu droit à un concert du Laurent Coullonge Duo, composé de Laurent Coulondre et Martin Wangermée. Ils nous ont offert un très beau concert très jazz.

Ils étaient suivis pour l’occasion par l’Émile Parisien Quintet qui invitait, pour cette occasion, un musicien de grand talent : Michel Portal. Un autre très beau concert dans la plus pure lignée du jazz.

La soirée s’est ensuite achevée sur les notes tonitruantes du Brotherhood Heritage, une formation qui rendait hommage au big band Brotherhood. Une belle prestation dont on a eu plaisir à écouter de bout en bout les compositions.

4 AOÛT

Autre soirée, autre genre,ce soir, nous avons assisté au jazz électrique de la talentueuse Lou Tavano que nous avions déjà eu l’occasion de croiser quelques années auparavant à Crest à l’occasion, notamment, du concours international organisé durant le festival. Eh bien, elle n’a pas du tout changé ! Elle est toujours aussi enjouée, dynamique, et donne toujours autant envie de se trémousser ! Marci, Lou !

Elle a été suivie par un duo qui a la côte actuellement : Hindi Zahra et Fatoumata Diawara qui étaient passées au festival Sur le Champ ! quelque temps auparavant. Cependant, ce n’était pas du tout le même spectacle puisqu’elles étaient accompagnées, pour l’occasion, par le grand clarinettiste Erik Truffaz.

5 AOÛT

C’est toujours avec un léger pincement au coeur que l’on se rend à la dernière soirée d’une édition du festival, mais on oublie vite que c’est bientôt la fin et qu’il va falloir ranger le matériel tellement l’ambiance atteint son paroxysme.

En ouverture, c’est la jeune Naïma Girou, avec son Naïma quartet, toute récente lauréate du festival international, qui a su démontrer au public qu’elle n’était pas là par hasard puisque son jeu et celui de ses musiciens étaient très bons !

À tout seigneur tout honneur, pour refermer le livre, nous avons eu droit à un concert de l’excellent Ben l’Oncle Soul qui nous a bluffé.

C’est sur ces notes que s’est fini cet opus et, à n’en point douter, je serai présent l’an prochain au même endroit, fidèle au poste !

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août 5, 2017

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